Ah la collocation ... franchement c'est pas mal, surtout si on choisit bien sa collocataire. Regardez-moi comme je suis heureuse depuis que je peux enfin dire que oui, Marion est une collocataire parfaite ! C'est celle qui t'amène le petit déjeuné au lit [ à 7h30 alors que t'es en vacance, m'enfin ], qui te laisse le dernier Surimi de la boite, qui a une carte métro, qui est fan des Petites Annonces, qui te raconte que la nuit dernière des gens piétinaient l'entrée de l'appart', et qui a les ondes optimales qui font qu'on peut se faire ramener en voiture par n'importe qui [ un livreur de Monoprix ], n'importe quand [ 2h du matin ], et quelques soient les circonstances [ tout à fait lamentables (cf: vomi) ] sans même qu'on est à se faire battre, violer, ou tuer. La classe.
Marion c'est la collocataire qui t'appelle à 18h passé pour que tu sautes dans le prochain train en direction de Lyon pour se foutre une RASSE [ dit-elle si bien, délicate comme une fleur ], sans savoir que 18h à BJ c'est encore l'heure de la phase post-siestale, et qu'on est pas sur la terre natale de Cresus. M'enfin .. Marion ca reste la collocataire qui te rembourse en dvds, puisque oui, madame a une carte Visa, dont, au passage, le code ne m'est pas tout à fait inconnu. Fût un temps où il était même inscrit à l'indélibile sur mon avant-bras gauche. Classe.
C'est celle qui assure ton avenir social en blindant son répertoire téléphonique; ainsi qu'économique si on tient compte des anecdotes qui t'font penser qu'elle se fera épouser dans moins de 2 mois par un trentenaire professionnellement calé; et puis pourquoi pas juridique en faisant exploser le plafond des bouches de métro lorsqu'elle ouvre sa bouteille de .. jus d'ananas.
Avec elle, tout Lyon est ton ami, tout les bars sont open, et tout les étrangers deviennent dingues de leur corps. Les cyclistes scientifiques nous saluent de loin, les toxicomanes de près, et quant aux pervers sexuels, c'est cash qu'ils nous demandent si on est encore pucelle. Moins classe.
Je passe de très bons moments avec ma collocataire. On s'entend bien, elle est gentille, et elle me laisse même mettre Elvis pendant 5 minutes, après 45 minutes de danse frénétique sur Claude François [ j'ai été forcée ], et la Bambboula chantée à tu-tête [ j'ai été droguée ]. Même que toutes les deux on partage tout. Oui oui, tout tout tout. Les molards qui coulent le long du cou, les impressions personnelles "putain mais t'as des gros seins o_O !!!", et l'affaire des 11 tampax disparus -qui reste encore à ce jour irrésolue-.
Je l'aime bien, et je l'ai toujours dans mon coeur; surtout quand je me promène avec un sac qui pue la Tek, que je passe pour une alcoolique précoce en refilant un billet de 20 qui pique les yeux à un pauv' type qui m'a généreusement aidé, et que j'ai encore l'estomac acidifié par son café.
C'est simple, on est faite pour vivre ensemble. C'aurait été dommage de rater ces soirées DELIRANTES !!!!! durant lesquelles nous dénudions la langue française de ses secrets, les FOLLES discussions de chiffons/vaisselle/produit-vert-pour-les-toilettes-qui-sent-trop-bon-et-qu'on-s'arrangera-pour-en-mettre-chacun-son-tour-pour-éviter-les-disputes, ou encore les farces HI-larantes où tu me fais croire que tu as oublié les clefs. *petit éclat de rire + sourire en coin*
Allez va, t'fais pas d'mouron, c'est aussi pour ça que je t'aime.
Photo : salle de bain, salle de con ... crétisation.
mardi 9 Octobre
La colocation c'est aussi la subite prise de 30 ans de mariage dans le cul, la découverte des petits vices de chacun, de ses petites manies dégueulasses. Par exemple, aussi vieille que notre histoire puisse être, jamais je n'aurais pensé que Marion était du genre à recycler ses coton-tiges, ou encore à laisser ses culottes usagées détremper sur le porte-serviette. C'est touchant, dans un sens, de continuer à se rapprocher, malgré les années, malgré les opinions inadéquates au sujet d'un vulgaire footballeur, d'un vulgaire politicien, ou d'un vulgaire concours de médecine ...
M'enfin, je suis bien contente de ne pas être seule pour les orgies de pain de mie, sous peine de péremption; de savoir qu'à jamais il y aura sa voix au fond des tuperwares pour crier gare au gaspillage; que quelqu'un viendra délivrer les sacs poubelles séquestrés sur le balcon; hurler à la mort pour un insecte tchernobylisé qui a le bourdon; me supplier les bras levés de lui épiler les aisselles; me poursuivre poing serré pour me signifier ce que je suis à ses yeux; ou me répéter avec exaspération de venir me coucher.
... que toujours il y aura Bibi à l'interphone pour midi ...